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Bien vieillir
Le parcours résidentiel
En préparant la veille documentaire pour les professionnels titulaires du Master 2 AGIS, j’ai lu un article de Valérie LUQUET (Chargée d’études au CLEIRPPA interviewant Eric MALEVERGNE, chargé de mission à la FNC PACT ARIM ) qui parle de « parcours résidentiel » des personnes âgées !
c’est un bon article qui énumère toutes les conditions du maintien à domicile, sur lesquelles nous reviendrons précisément dans les articles qui suivront.
Les personnes âgées sont-elles les seules concernées ? Chacun de nous a un parcours résidentiel parallèle à son projet de vie et à son histoire de vie.
Le parcours résidentiel commence dès l’enfance lorsque l’on vit dans sa famille, puis c’est l’entrée à l’université avec son premier logement étudiant, ensuite succède celui du premier emploi qui va s’agrandir lorsque l’on vit en couple, puis qui changera encore dès qu’un enfant arrivera. Et enfin le lieu de vie évoluera avec les changements professionnels.
Pour nombre d’entre nous la retraite est très éloignée, la vieillesse encore plus……Nous avons parfois beaucoup de mal à trouver un logement correct en ayant un revenu correct et, se projeter vers la retraite n’est pas à l’ordre du jour.
Le logement accompagne la vie, les projets, c’est ainsi que certains achètent une résidence secondaire où ils espèrent venir dès que le temps de la retraite viendra……..
D’autres changent de lieu pour vivre dans un environnement ressenti comme plus agréable, où le climat est plus chaud notamment. (nombreux sont les retraités qui migrent vers le Sud, c’est un projet qu’ils ont nourri toute leur vie « la vie est plus belle au soleil »).
D’autres encore déménagent pour se rapprocher des enfants « pour s’inscrire dans une aide ou une entraide familiale (en particulier avec la garde des petits-enfants)
Certains partent rapidement, d’autres dans l’année qui suit le départ en retraite pour réaliser un vieux rêve.
Les recherches et travaux réalisés sur l’isolement et la solitude des personnes âgées montrent que rares sont les personnes qui anticipent les problèmes liés à la vieillesse, voire à la dépendance. Dans le Haut Var et la vallée du Verdon, certains qui venaient chaque été, n’ont pas imaginé être totalement isolés par la neige avec parfois de longues coupures d’électricité, leur méconnaissance du climat peut engendrer des situations parfois dramatiques (pas de chauffage de remplacement, pas assez de bois ni de provisions, des voisins très éloignés que l’on ne connaît pas forcément et des services interrompus pendant plusieurs jours.) A ces problèmes s’ajoutent la barrière de la langue concernant les étrangers, les Hollandais, les Britanniques …
D’autres craignant la dépendance font le choix de déménager afin de rester autonome dans leur environnement : « Rompre avec leur isolement dans leur quartier ou leur village, et notamment être plus proche du centre ville ou du centre du bourg, afin d’avoir à proximité des services et des commerces accessibles sans avoir à prendre la voiture, en effet, l’absence ou la fermeture des services et/ou des commerces à proximité compliquent ou limitent les possibilités de rester à son domicile en restant autonome pour son approvisionnement ou ses démarches courantes.
La maison à la campagne est très agréable l’été ou pour les vacances si l’on s’accommode pour ces courtes périodes d’un confort parfois spartiate. Il n’en est pas de même quand il s’agit d’y vivre à l’année !
Cette maison est elle éloignée des commodités (épicerie boucherie boulangerie…. Médecin infirmier dentiste etc…..)
Cette maison devra s’adapter aux besoins et permettre de préserver l’autonomie, mais sera- ce possible ? Quels travaux ? Quelle sera l’importance des travaux ? Quels coûts ?
Avoir un logement adapté aux difficultés de mobilité, tant dans son aménagement interne que dans son accessibilité.
Anticiper les aménagements facilitant la vie, c’est bien souvent éviter après une hospitalisation une entrée en établissement non souhaitée et le traumatisme que cela génère ! (Notre propos n’est pas de diaboliser les EHPAD, les USLD mais de démontrer que bien des institutionnalisations pourraient être évitées ou différées)
Vivre chez soi le plus longtemps possible et jusqu’au bout de sa vie et ce que je souhaite à tous ! Pour cela il faut définir son projet de vie et de fin de vie, prévoir tout ce qui peut faciliter la vie et préserver l’autonomie, la vie sociale et culturelle.
Bien vieillir se prépare.