
Accueil
Bien vieillir
Habitat, lieu de vie : la ville
« Les années 1990 offrent aux personnes âgées une occasion sans précédent de faire de la ville un endroit où l'on peut bien vieillir. La relation entre les aînés et les municipalités dans lesquelles ils vivent a beaucoup évolué.
Dans les pays développés, différentes tendances convergent et créent les conditions favorables au changement. Ces conditions se subdivisent en deux groupes : celles qui concernent les aînés et celles qui concernent les villes et les administrations municipales.»
INIST-CNRS, Vieillir en ville, ici et ailleurs Auteur(s) BRINK S.
Une étude démographique récente montre que les séniors privilégient les villes moyennes pour la retraite. Cependant certaines villes se mobilisent pour la prévention santé des seniors encore actifs. Ce plan fait le pari d’un accompagnement réussi à une période charnière de la vie, à la limite du grand âge. (21, 3%. C’est la part des plus de 60 ans que comptait la population française en 2007. Un chiffre éloquent qui en dit long sur la place croissante qu’occupe cette frange que d’aucuns appellent seniors actifs).
L’urbanisme, le logement et l’organisation de la ville participent à la politique de la vieillesse, nous vous invitons à visiter le site du Plan Urbanisme Construction et Architecture (PUCA).
Les réalités démographiques, sociologiques et économiques (allongement de l’espérance de vie, diminution de la fécondité et de la mortalité, prise d’âge des générations du baby-boom…) utilisées par les décideurs politiques et économiques sont encore médiatisées par la culture de l’âgisme et un rapport pour le moins complexe au fait de vieillir qui s’inscrit trop souvent dans la « médicalisation du vieillissement.. Ces pratiques trop « ségrégatives » sont loin de l’attente de cohésion sociale intergénérationnelle que les professionnels appellent de leurs vœux !
C’est aussi l’approche de Peggy SCHMITT dans une interview de Pascale Poupinot, chargée de mission et urbaniste à la Fédération nationale des agences d'urbanisme : "Le vieillissement ne soulève pas que des questions de santé, de financement des retraites ou d'emploi. Il oblige aussi à regarder le développement des villes. Les besoins en logements, la demande de déplacements, les attentes en matière de lieux publics et les exigences de services des populations vieillissantes ne sont pas les mêmes que celles des populations jeunes et actives."
Décideurs en gérontologie 08/2007, n° 87 Bien vieillir en ville.
Il serait temps de penser la vie dans nos cités. Qu’elles soient autre chose que des centres désertés par les habitants, les commerces et autres services. C’est une démarche qui s’inscrit dans le développement durable.
Chaque municipalité doit étudier, au moment de définir le PLU ,la vie des citadins. Penser l’organisation, l’accessibilité pour toutes les générations. Les réhabilitations de quartier doivent éviter la ségrégation ou le déplacement des populations.
Nous les gérontologues consultants nous voyons trop souvent les personnes âgées/handicapées reléguées en périphérie des villes (c’est là que trop souvent se créent les EHPAD) où il est difficile de conserver le lien social et ses repères, ce qui accélère la perte d’autonomie. Il est d’autres pratiques que je qualifierai de maltraitantes qui consistent à construire un EHPAD à proximité de l’autoroute et loin de la ville, ou le site inscrit sur le PLU se situe au carrefour de deux grands axes autoroutiers, ou à proximité d’une décharge……C’est dire le peu de considération qui est accordé aux personnes âgées. (Nous nous abstenons de citer les arguments des choix précités ! l’horreur !)
Nous voyons les publicités de tels groupes pour des « hameaux composés de villas » certes bien pensées sur le plan architectural et ergonomique mais générant une forme « d’apartheid » générationnel voire social , la sécurité est le principal argument de vente.